Question :

Dans un dars sur le livre “Nawâqidou-l-islam” dans le sixième annulatif, c’est-à-dire tourner en dérision une chose de l’islam, un étudiant en sciences qui nous donne des cours, nous a dit que si une personne se moque de la sounna par exemple, en notre présence, on doit soit [la] réfuter soit quitter la personne. Et si jamais on ne le fait pas, on sort alors également de l’islam. J’ai posé la question à un autre frère qui donne également des cours et il m’a dit que cela était vrai si l’on accepte ce propos dans notre coeur et qu’on l’agrée. Mais le premier frère nous a dit que même si l’on était en désaccord avec les propos prononcés, on sortait alors de l’islam si l’on ne partait pas et qu’on ne disait rien. Je souhaite que le cheikh m’éclaircisse si cette question est sujette à divergence. Barakallahou fik pour vos efforts ya cheikh, qu’Allah nous accorde une bonne fin. (Amin).

 

Réponse :

Donc il y a ici deux propos différents ; les propos du premier frère et les propos du second ; et vous voyez que ce n’est pas la même chose. Je dis – wa-Llâhu تعالى a3lem – le plus vrai c’est quoi ? Le plus vrai c’est que, s’il se passe une chose ainsi comme cela vient [d’être] cité ici, mon but c’est quoi ? C’est deux choses : [premièrement] de refouler cela avec le coeur et deuxièmement de refouler cela avec le corps.

Avec le coeur c’est clair. Avec le corps [c’est] comme dans le verset [An-Nisaa 4/140] :

{وَقَدْ نَزَّلَ عَلَيْكُمْ فِي الْكِتَابِ أَنْ إِذَا سَمِعْتُمْ آيَاتِ اللَّهِ يُكْفَرُ بِهَا وَيُسْتَهْزَأُ بِهَا فَلَا تَقْعُدُوا مَعَهُمْ حَتَّىٰ يَخُوضُوا فِي حَدِيثٍ غَيْرِهِ}

Et aussi نُزِّلَ

Sens rapproché du verset :

{Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu’on renie les versets (le Coran) d’Allah et qu’on s’en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation.Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l’Enfer.}

Donc il a dit de ne pas rester avec eux. Ne pas rester c’est de se lever et partir. Mais maintenant il se peut qu’il y ait une cause pour laquelle je [ne] me lève pas. Il se peut qu’il y ait une cause pour laquelle je [ne] peux pas me lever ou qu’il y ait une contrainte, ou que je veuille rester pour lui expliquer,  lui montrer qu’il [ne] faut pas dire des choses pareilles, lui faire la da3wa. Lui faire la da3wa, si je sais, est plus important que de se lever et partir. C’est pour ça que le prophète صلى الله عليه وسلم a dit: “ que celui qui se mélange aux gens et patiente [face] à leur mal, est mieux que celui qui ne se mélange pas et ne patiente pas  ”. Et le prophète صلى الله عليه وسلم a dit dans un hadith authentique :

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ الْعَلَاءِ ، أَخْبَرَنَا أَبُو بَكْرٍ ، حَدَّثَنَا مُغِيرَةُ بْنُ زِيَادٍ الْمَوْصِلِيُّ ، عَنْ عَدِيِّ بْنِ عَدِيٍّ ، عَنِ الْعُرْسِ بْنِ عَمِيرَةَ الْكِنْدِيِّ ، عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ :

 » إِذَا عُمِلَتِ الْخَطِيئَةُ فِي الْأَرْضِ كَانَ مَنْ شَهِدَهَا فَكَرِهَهَا – وَقَالَ مَرَّةً : أَنْكَرَهَا – كَانَ كَمَنْ غَابَ عَنْهَا، وَمَنْ غَابَ عَنْهَا فَرَضِيَهَا كَانَ كَمَنْ شَهِدَهَا « .
سنن أبي داود  أَوَّلُ كِتَابِ الْمَلَاحِمِ  بَابٌ : الْأَمْرُ وَالنَّهْيُ 4345 (المجلد : 4 الصفحة : 333) حكم الحديث: حسن

حَدَّثَنَا أَحْمَدُ بْنُ يُونُسَ ، حَدَّثَنَا أَبُو شِهَابٍ ، عَنْ مُغِيرَةَ بْنِ زِيَادٍ ، عَنْ عَدِيِّ بْنِ عَدِيٍّ ، عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، نَحْوَهُ. قَالَ :

 » مَنْ شَهِدَهَا فَكَرِهَهَا كَانَ كَمَنْ غَابَ عَنْهَا « .
سنن أبي داود  أَوَّلُ كِتَابِ الْمَلَاحِمِ  بَابٌ : الْأَمْرُ وَالنَّهْيُ 4346 (المجلد : 4 الصفحة : 334) حكم الحديث: حسن

Sens rapproché du hadith :

D’après ‘Ours Ibn ‘Oumayra Al Kindi (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit:

« Lorsque le péché est pratiqué sur la terre, celui qui y assiste et le déteste (1) est comme celui qui n’y a pas assisté (2). Et celui qui n’y a pas assisté et en est satisfait est comme celui qui y a assisté (3) ».
(Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°4345 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud)

Commentaires tirés de Awn Al Ma’boud Bi Charh Sounan Abi Daoud :

(1) C’est à dire qu’il a détesté ce péché avec son cœur et n’a pas pu réprouver le mal avec sa main ou avec sa langue.
(2) C’est à dire qu’il est préservé du péché.
(3) C’est à dire qu’il est associé dans le péché.

 

Cheikh Al Albani a dit authentique. Et maintenant si on fait “al-khati-ah” le péché, le grand péché – surtout un péché pareil – mais Il parle [en général des grands péchés], il a dit : le présent – celui qui est présent au péché – et ne l’agrée pas, ne l’accepte pas, c’est à dire avec son coeur, a le statut de celui qui n’est pas présent, a le statut de l’absent. Pourquoi ? Car je n’ai pas accepté cette chose avec mon coeur. Et [quant à] l’absent qui l’agrée, [par exemple l’absent c’est] toi, tu es loin et je te téléphone, je te dit voilà ce qu’a dit cette personne et tu l’agrées dans ton coeur, [alors] tu deviens comme le présent, tu deviens comme celui qui était présent dans l’assise.

[Donc] celui qui est dans l’assise et il n’accepte pas, il devient comme l’absent, [autrement dit] comme si je n’étais pas présent avec eux. Donc ce n’est pas une obligation dans tous les cas de se lever. Mais c’est mieux de se lever et partir pour montrer à la personne que voilà, je n’accepte pas ceci. Mais, il y a des cas comme j’ai dit maintenant où il est possible que la personne ne se lève pas. Mais l’essentiel [c’est qu’elle] n’a pas agréé de son coeur.

Et le hadith a dit que le présent qui ne l’agrée pas, c’est comme l’absent bi-idhni-Llâhi تعالى.

Voilà, le prophète صلى الله عليه وسلم maintenant a quoi ? [Il] a donné la dernière sentence et a montré que le présent peut, tout en étant présent être un absent, si quoi ? S’il  n’agrée pas de son coeur et de surcroît si [il arrive qu’il ne] peut pas se lever [comme lorsqu’il] est dans une assise par exemple, où il peut pas se lever [car il] y a un empêchement.

Wa-Llâhu تعالى a3lem.